La Colonie espagnole de 1889 à nos jours
À Béziers, en centre ville, de nombreuses personnes passent, chaque jour, devant la rue sans la voir. Malgré l’aspect austère, sombre et étroit de la « rue vieille de la Citadelle », franchissez cette grande porte en bois et entrez dans les locaux de la Colonie Espagnole. Cet édifice n’est pas seulement le lieu où l’on peut danser les sévillanes, mais représente beaucoup, beaucoup plus.
Au XIXe siècle, de nombreux facteurs vont pousser la population à partir de l’Espagne… Le pays, par sa démographie, son incapacité à fournir du travail et ses trois guerres Carlistes, provoque une émigration vers l’extérieur.
En 1845 puis en 1856, on trouve déjà à Béziers des réfugiés carlistes, des anciens soldats, des Espagnols que l’on met en prison pour mendicité. D’autres subissent le même sort, à cause des tapages nocturnes insoutenables, aux portes des maisons de prostitution de la rue Saint-Antoine.
En 1875, des personnes se plaignent au commissariat central : chaque soir des scènes de désordre et de trouble public, à cause du bal des espagnols dans la rue de la descente de la citadelle. Pendant la même période, dans notre région, la vigne connait un développement considérable… Les maladies qu’elle engendre font leur apparition : la pyrale, l’oïdium, le mildiou et enfin l’arrivée du phylloxéra, font des ravages. Véritable peste agricole.
Main d’œuvre dans les vignobles

Les conséquences économiques sont catastrophiques. Les viticulteurs se retrouvent sans solution. Pour arracher les ceps et en replanter de nouveaux, la main d’œuvre est nécessaire. Tous ces éléments se conjuguent et, les émigrants Espagnols fournissent la main d’œuvre. Ils viennent, en majorité, des provinces les plus pauvres : l’Andalousie et Murcie. Ils vont constituer la première vague d’émigrants espagnols en France.
La Première Guerre mondiale constitua un véritable accélérateur. La France, contrainte de mobiliser ses jeunes hommes sur le front, est confrontée au manque de main-d’œuvre dans les usines, les chantiers et les champs. La main-d’œuvre féminine ne suffit pas, loin de là, à combler les manques. Les Espagnols réalisent les travaux que nos grands pères ont délaissés pour servir leur pays… L’Hérault, l’Aude et les Pyrénées Orientales comptent 100 000 émigrés, ce sont surtout des Catalans et des Aragonais.
Ils connurent des conditions de travail et de logement précaires et la plupart d’entre eux rentra au pays fin 1918… Mais, s’apercevant que la situation espagnole ne s’était pas améliorée, ils furent nombreux à revenir en France dès 1919, accompagnés, cette fois, de leur famille.
Joan Nat, le bottier

Parmi les premiers émigrants, fuyant l’Espagne, probablement, suite à l’échec de la première république, Joan Nat, un catalan, né dans un village de la province de Lleida, vit déjà à Béziers où il est installé comme bottier, dès 1875. La fonction qu’il occupe, au sein de la vie associative, lui permet de côtoyer et de connaitre les bourgeois de la ville parmi lesquels : Castelbon de Beauxhostes et Camille Saint-Saëns. Il faut dire que Joan Nat est un homme très sensible à l’art, à la musique et au théâtre. Il conçoit des programmes culturels et des projets de communication.
Face à une société d’accueil qui ne fait rien pour améliorer leurs conditions de vie, les immigrants espagnols, n’ont pas d’autre solution que le soutien nécessaire, au sein de leur propre communauté…
Joan Nat se sert du succès de son intégration afin d’aider la communauté espagnole de Béziers. Il se fait l’interprète et le porte parole des espagnols lorsqu’ils sont jugés au tribunal. Cela lui vaut le respect et l’attention des juges, présidents et procureurs. Les espagnols sont considérés différemment, parce qu’ils ne parlent pas la même langue, n’ont pas la même culture, n’ont pas la même histoire et, parce qu’ils n’ont pas la nationalité française, ils n’ont pas les mêmes droits. Joan Nat, veut créer, avec quelques uns d’entre eux, une association de secours mutuels.
Mais, lorsqu’il sollicite auprès du sous-préfet, l’autorisation de créer la mutuelle, celui-ci demande au maire de Béziers, ce qu’il pense d’une association d’espagnols. Joan Nat n’est pas surpris, il sait que le sous-préfet de Béziers demande à la police locale de surveiller les saisonniers et a fait interdire leurs regroupements, dans certains lieux comme, les allées Paul Riquet, n’est-ce pas là, la promenade centrale de la ville !
Secorros Mùtuos

Le 1er août 1889, la Société de Secours-Mutuels « Secorros Mùtuos », l’une des toutes premières mutualités en France, est créée. Joan Nat, l’un des fondateurs, sera président de cette association de 1895 à 1909. En 1905, Joan Nat sera nommé membre du Conseil Supérieur de la Mutualité de France. Plus tard, après sa démission pour raison de santé, on le nomme Président honoraire, à vie. Aujourd’hui, au bureau de l’association, est toujours encadrée une affiche, intitulée : « brèves données historiques sur la fondation et le développement de la Colonie Espagnole de Béziers » sur laquelle apparait le concept clé de cette société de secours, qui se résume par le mot : « SOLIDARITÉ ».
Solidarité
Chaque Espagnol qui s’associe, doit donner un franc par mois. En échange, la société prend en charge :
– s’il tombe malade ou en cas d’accident, il reçoit un bon de trois francs pour financer les visites médicales et une subvention de deux francs pour les médicaments.
– les femmes reçoivent 10 francs lorsqu’elles accouchent.
– s’il meurt, sa veuve reçoit 75 francs.On n’abandonne jamais une famille en difficulté…
Yves Nat

En 1890, nait un fils, Yves. Yves Nat se révèle être un enfant prodige de Béziers. À 7 ans, il improvisait à l’orgue de la cathédrale de Béziers. Il connaissait par cœur les 48 préludes et fugues de J.S. Bach !… Il se produit en concert à 8 ans… A 10 ans, il compose notamment, une « fantaisie pour orchestre ». À 11 ans, lors d’un concert à Béziers, Camille Saint-Saëns et Gabriel Fauré, alors directeur du Conservatoire de Paris, remarquèrent le pianiste et surtout le compositeur à la précocité exceptionnelle. Direction Paris et son conservatoire, où il obtiendra en 1907 un premier prix de piano. Il n’a que 17 ans !…
Bien vite, il s’attire l’amitié enthousiaste de Debussy… Pianiste pudique, réservé et même secret, Yves Nat a toujours refusé d’être un bateleur d’estrade. En attendant, il faut bien vivre et donc, autant préférer le rôle ingrat, mais noble, du pédagogue. Yves Nat est nommé professeur de piano au Conservatoire de Paris. C’est sans aucun doute, le plus attachant des pianistes de sa génération. Ce musicien, à la sensibilité à fleur de peau, respirait l’humilité dans le tourment. La colonie espagnole a offert, au musée du Biterrois, tous les actes et objets d’Yves Nat qu’elle possédait…
Manifestations caritatives
Pour prouver la gratitude des Espagnols résidant à Béziers, l’association organise, au début du XXe siècle, de nombreuses manifestations, dont les fonds sont intégralement reversés aux organisations caritatives comme : «la soupe populaire », «le bureau de bienfaisance », « la goutte de lait », « l’asile de nuit », « la maternelle », « enfants à la plage », « Saint Vincent de Paul »…
Parallèlement à ses fonctions associatives, Joan Nat conçoit des vrais projets avec la société d’accueil… Cela lui vaut le respect de tous, au point, que le gouvernement de la République française, lui remet les palmes académiques en 1913. Ce qui est un cas très particulier et, exceptionnel, pour un étranger.
Les concepts de solidarité et de discipline sont à l’origine de la réussite de la société de secours mutuels. À partir de 1920, suivant le modèle de la société de Béziers, les sociétés de secours mutuels vont se développer dans tout le département.
Racisme latent
Malgré tous leurs efforts, les immigrants espagnols n’ont toujours aucun droit et l’arrivée des vagues de saisonniers pour les vendanges, est vue d’un mauvais œil. Pour l’opinion publique française, le saisonnier est un vagabond, d’où cette méfiance. Le racisme est latent.
Un exemple : le 26 mars 1923, une charmante biterroise écrit à
« Monsieur le Préfet en chef de la ville de Béziers
Monsieur,
Je prends la liberté de vous écrire afin de vous avertir d’une chose irrégulière se prenant ici à Béziers et relevant de votre service et par laquelle je suis moi la première victime.
Le sieur Antolin, sujet espagnol, marchand de glaces qui, non content d’avoir une autorisation de vente au détriment de nous, autres français, fait circuler en ville une seconde voiture portant son nom ».
Les années 30

Les années 1930 correspondent à une période caractérisée par un manque de dynamisme dont la cause principale est la réussite d’un certain succès d’intégration. Alors est célébrée une grande réunion pour la création d’un conseil provisoire de la colonie espagnole. On fait fusionner la « société de secours mutuels » avec des associations ludiques et culturelles comme : « l’Athénée Espagnol » et « la Société Espagne » et il faudra attendre 1939 pour la réelle fusion.
Pendant cette décennie, le développement de la culture et des distractions comme l’esprit de solidarité deviennent primordiaux… On organise des bals, on achète : un « pick up », une machine cinématographique, on fait des représentations théâtrales, et surtout l’Hispania Deportivo, l’équipe de football est sa fierté. Elle est championne de la coupe du Languedoc en 1936 et gagne la « copa gambardela » en 37. C’est l’arrivée du football sur les terres du rugby !… La belle époque s’achèvera en 1940 avec l’arrivée du maréchal Pétain, qui exclut l’équipe de la compétition.
L’achat de l’immeuble, rue Vieille de la Citadelle

Le désir d’acheter un local date de 1902. Il faut dire que la société n’a pas son propre siège : elle réunit ses membres dans le « café du commerce » sur les allées Paul Riquet, puis dans la salle de spectacle de l’Athénée rue des balances, dans le « café continental » (rue J. Jacques Rousseau) et enfin dans un local « 9 rue du Cirque ». En 1934, le conseil d’administration du Centro Espagnol décide, l’acquisition du principal corps d’un immeuble, situé à Béziers, comprenant : « Une maison d’habitation avec ses dépendances : sa cour et son jardin, le tout, d’un seul tenant… » Cette résolution est adoptée à l’unanimité.
La rue Vieille de la Citadelle a plusieurs fois changée de nom : c’était en 1868 la rue vieille, en 1830 la rue de la Lune, en 1807, la rue Vieille ou la rue de la Lune et auparavant, ruelle de la Cité (Androune de la Ciutat). L’immeuble, étant dans la partie la plus ancienne de Béziers, il existe depuis des siècles, 5 ou 6, peut-être plus. Béziers était divisé en bourgs. La Colonie espagnole est installée dans le bourg du Roy, dont l’appellation deviendra : bourg de la République. Les recherches nous ont permis de remonter au début du XVIIe siècle. En l’an 1600, l’immeuble appartenait à une famille, la famille Fayet. Le propriétaire Guilhem Fayet est déclaré (maître) « Mulatier ».
La maison connaîtra plusieurs propriétaires, successivement :
– Jean Louis Fournier de Mazerac ;
– Marie Gabriel Jules Bouniol ;
– Marie Thérèse Suzanne Bouniol.
En 1922, elle est revendue à Antoinette PAGET, une « estrangère » du nord… Mme Paget est d’origine de la Côte d’Or, du côté de Dijon. Elle s’est mariée à Nissan en 1903 avec Jean GIRY. Ils sont domiciliés à Béziers, rue Française. Lui est négociant et c’est son père qui était installé à Nissan, où il était « entreposeur de tabac ». C’est-à-dire « Préposé à la garde et à la vente du tabac dont le gouvernement a le monopole ».
Beaucoup ont entendu parler de Joseph GIRY, leur fils aîné (1905-2002). Il fut l’abbé de Nissan. Il était plus exactement chanoine et comme il s’intéressait à l’histoire, il était le grand archéologue local. Dans les années 50, peu de gens s’intéressaient aux vieilles pierres. Joseph Giry a fait découvrir de nombreux sites romains, dont Ensérune, qu’il a contribué à mettre en valeur. Sa notoriété était connue dans toute la région et même au delà.
La vente est faite moyennant le prix de 180 000 francs… à payer en 3 annuités de 60 000 francs, au taux d’intérêts de 8 %… Pour trouver une telle somme, une souscription est ouverte. La Colonie espagnole ne pourra oublier que, dans les moments critiques de la vie, quelques humbles ouvriers agricoles espagnols, ont remis le fruit de plusieurs semaines de dur labeur, afin de sauvegarder leur prestige et leur dignité. Cinquante ans après la création de la société de secours mutuels, la majeure partie des sociétaires est toujours formée de gens pauvres, puisque 60 % de ceux qui ont contribué à l’achat du local, sont journaliers.
La salle de spectacle fut construite avant la guerre…La preuve est inscrite sur le récapitulatif des impôts. Il est inscrit : maison, salle de spectacle.
Peut-être savez –vous qu’entre temps la société civile du Centro est dissoute pour faire place à la COLONIE ESPAGNOLE de Béziers… Le nom « El CENTRO » est, pour toujours, gravé dans les mémoires…
La guerre civile espagnole et la deuxième guerre mondiale

Une nouvelle épreuve est en marche. Depuis 1936, la guerre, civile, va diviser l’Espagne en deux : ceux qui restent fidèle à la 2e république, et ceux, qui soutiennent le coup d’état de l’armée, dirigée par le général Franco. La seconde république Espagnole étant morte, 500 000 républicains doivent se réfugier en France afin d’échapper aux représailles franquistes. Le gouvernement français ouvre la frontière, mais incapable d’accueillir cette vague d’immigrants, les français, dans un premier temps, vont les enfermer dans des camps, en bord de mer. La guerre civile espagnole, l’exil qui en découle et ensuite la seconde guerre mondiale vont perturber la vie de la colonie espagnole. Jusqu’ici, ceux qui ont quitté leur pays, l’ont fait de leur plein gré, tandis qu’en 1939, les personnes, doivent fuir sous peine de mort.
Ces immigrants politiques ne pourront jamais retourner en Espagne. Ce n’est pas facile d’imaginer l’inconvénient que cela constitue pour l’intégration, dans une société où ils sont obligés de rester. Les Allemands vont assiéger le local de la Colonie espagnole durant l’occupation de Béziers en 1943. La réquisition paralyse, presque totalement, la vie de l’association. La Colonie organise des veillées concerts au bénéfice des blessés et malades de la guerre. Des sommes sont remises à « l’enfance déshéritée », « au secours National », « aux petites sœurs des pauvres », etc. Mais malgré cela, malgré 3 années de combats qui se soldèrent par un échec, malgré l’arrivée sur le « territoire des droits de l’homme » qui se traduisit par l’enfermement dans des camps, les républicains affichent la même volonté, le même enthousiasme. Ils veulent défendre la démocratie, la république, même si elle est française. Peu de français savent, que le premier détachement de la 2e DB, envoyée par le général Leclerc le 23 août 1944, se compose en majorité de républicains espagnols. Dans cette compagnie : « la nueve », sur 160, il y a 146 espagnols. Les chars d’assaut et les automitrailleuses, ont été rebaptisés avec les noms des batailles de la guerre d’Espagne : Madrid, Guernica, Teruel, Santander… Ils entrent par la porte d’Italie et sont les premiers dans Paris. Ils iront, jusqu’à l’hôtel de ville.

Dans cette période de guerre, nombre d’entre eux, républicains espagnols, s’infiltrent dans les réseaux de la résistance et dans les forces françaises. Des milliers de guérilléros meurent au combat, d’autres sont emprisonnés, torturés, déportés. Parmi ces résistants, Sébastian Tolo qui, après la guerre, intègre la colonie Espagnole… Il a été un membre très actif et important, pour la mémoire collective des réfugiés politiques. Un autre espagnol, Pere Cadena, un catalan, a été un ardent combattant dans l’armée républicaine espagnole. En 1939, chassé par le franquisme, il s’est retrouvé dans les camps, d’abord à Argelès, puis à Agde. Il participe à la décoration de la salle de mariage de la mairie de l’époque… En 1945, il réalise des scènes ibériques sur les murs du bar du 1er étage… Cet artiste peintre et ce céramiste, était un homme de progrès, un homme de cœur.
L’après guerre
Dans cet après guerre, les spectacles artistiques en rapport avec le monde hispanique se multiplient : orchestre de Barcelone, œuvres théâtrales… La Colonie espagnole accepte de prêter la salle de spectacle gratuitement à chaque fois qu’une association, un parti ou une organisation le demande.
Elle reçoit des artistes de grands renoms, parmi lesquels nous citerons : Pablo Picasso qui expose quelques œuvres en 1946. La même année, Pau Casals, violoncelliste de renommée mondiale. La situation économique en Espagne est toujours aussi catastrophique… Entre 1960 et 1973, c’est la troisième vague d’immigration, plus d’un million d’espagnols quittent leur terre. En 1961, une convention prévoit l’accès des espagnols au système de sécurité sociale. Le rôle de secours et d’assistance que joue la Colonie espagnole depuis 1889 n’est déjà plus nécessaire, mais sera maintenu jusqu’en 1982. En 1988 le gouvernement espagnol crée des « assemblées consulaires » pour traiter de l’aide économique attribuée à chaque association. Le président actuel, Luis Iglesias, en est le représentant depuis cette date.
La solidarité est le socle de la colonie espagnole. L’association organise des spectacles typiquement espagnols où participe le groupe Iberia, dirigé par Maïté Melgarejo. Chaque année depuis plus de 20 ans, un gala franco-espagnol régale les Biterrois. Multiples sont les fêtes au profit de ceux qui subissent des aléas. Les activités sont nombreuses et variées, des cours de langue Espagnole et Française, de la peinture artistique, en passant par la couture, l’informatique et les danses sévillanes.Les personnalités politiques de différents horizons visitent cette association, apolitique, qui participe à la vie de la société de Béziers et tout cela réuni dans le seul concept de solidarité. En 2008, année Européenne du Dialogue Interculturel, la colonie espagnole a été labellisée, par la Cité Nationale de l’Histoire de l’Immigration, qui communique ces valeurs auprès de la jeunesse. Une ethnologue, Amélie Galaud a filmé et recueilli les paroles des anciens pour la mémoire de l’immigration.
120e anniversaire en 2009
En 2009, pour ses 120 ans, la Colonie espagnole a mis sur pied un énorme projet, celui de « passeur d’histoire ». Il se compose d’un livre : « Plus d’un siècle de mémoire » qui est, soit en version française, soit en version espagnole. D’une pièce de théâtre, intitulée : « Desarraigada » (déracinement), créée par Pierre Astrié. D’un film, « Le fantôme de la frontière », réalisé par Sergueï Dounovetz et interprété par Clémence Fulleda et Gérard Rampant. D’une bande dessinée : « L’ange de la retirada » dessinée par Paco Roca et écrit par Sergueï Dounovetz. Plusieurs planches ont été sélectionnées par l’éducation nationale.
La maison vieillit… Des travaux importants sont entrepris depuis plusieurs années et nécessitent des fonds… Même l’État espagnol participe financièrement à la rénovation… En 2011, Les autorités nationales sont reconnaissantes de cette immense mission. Qu’on en juge : Pour son dévouement permanent, le président, Luis Iglésias, a reçu la médaille parlementaire de l’Assemblée nationale française. Cette distinction exceptionnelle a été demandée et remise par le député : Elie Aboud. L’année suivante, le roi d’Espagne, Juan Carlos 1er de Bourbon, a décerné à Luis, la « encomienda », la plus haute distinction décernée à un civil espagnol. Le 27 mai 2015, la colonie espagnole a eu tous les honneurs à l’ambassade d’Espagne à Paris. Elle reçoit des mains de Fatima Banez, ministre de l’emploi et de la sécurité sociale d’Espagne, la médaille d’Or d’honneur, de l’émigration.
Les années passent, les activités continuent. De plus en plus d’élèves s’informent sur la Colonie espagnole, c’est une référence. 2019, année de deux commémorations : D’abord, les 80 ans de la « retirada ». Durant tout le premier trimestre, se sont succédé : des éclairages, des expositions, des témoignages, des forums, des interprétations théâtrales, des narrations, des analyses et de la musique hispanique. Ensuite, la Colonie a fêtée les 130 ans de son existence. Oui, elle a le même âge que la tour Eiffel. Un superbe gala a été organisé au palais des congrès.
